Le 2 août 1914, la mobilisation générale est décrétée en France. Dans son journal, Thérèse Frôté note: “A 6 heures trois quarts, départ des Français de Porrentruy pour Belfort. Une foule émue les accompagne”. Ainsi, les familles voient partir au combat un père, un fils, un frère… et souvent sans espoir de retour! (source: La Grande Guerre aux frontières MHDP)




Diplôme en poche, Joseph Roth – 1893 – citoyen français établi avec sa famille à Porrentruy, à la rue des Planchettes, a suivi durant deux années les cours à l’Ecole d’agriculture au château de Porrentruy et vient aussi de terminer son “Ecole militaire” qu’il a accomplie de juin 1913 à juin 1914, à la caserne de Belfort. Quelque six semaines passées en famille et c’est l’appel sous les drapeaux. Il rejoint son corps d’affectation à Belfort, le 11e régiment de dragons.
Les parents ont l’occasion de revoir Joseph une première fois en 1915, à Delle et une deuxième fois en cachette. Joseph se trouve à la frontière, à Montancy, à une douzaine de kilomètres de Porrentruy. On est en 1916. De nuit, les parents lui apportent des habits civils. Pour une nuit et un jour, il a hâte de revoir sa maison, son quartier, son verger qu’il chérissait tant… hélas pour ne plus jamais revoir Porrentruy. Il décède à Tahure, près de Verdun, le 25 septembre 1916.

Son petit frère Abel, alors âgé de six ans en 1916 se souvenait et racontait: “Je me rappelle, il s’est retourné, a fait signe à toute la famille et s’est exclamé: “Adieu, vieille maison”. (source: famille Roth)
Et la parenté en France?

Pendant ce mois d’août, Joseph Klopfenstein, de Fesche-l’Eglise – un frère de Catherine Roth – est aussi appelé sous les drapeaux. Il racontait: “Nous avons enwagonné nos chevaux à Delle, un voyage programmé jusqu’à Gênes. Puis embarquement sur un bateau jusque dans les Dardanelles.
Il en est revenu. A son retour, son épouse reposait au cimetière du village depuis 1915, décédée à l’âge de 35 ans. (source: famille Roth)


