La cavalerie, une troupe combattante montée, sa suppression en 1972

L’armée fédérale a été fondée en 1874. Le contingent des dragons et des guides ayant été fixé à 3500 hommes, pour atteindre 6600 hommes jusqu’en 1924. Par la suite, cet effectif a été réduit. De 1962 jusqu’à l’abolition, on comptait 3400 hommes. En 1972, c’est l’abolition par l’Assemblée fédérale. Les dragons sont reconvertis en tant que grenadiers de chars. (Source: Escadron suisse de cavalerie 1972)

C’est pendant la dernière Guerre mondiale que la cavalerie suisse eut à jouer pour la dernière fois un rôle important en veillant aux frontières du Jura dans les cantons de Vaud, de Neuchâtel et de Berne. (Source: le Fédéral)

Le « Fédéral » compagnon de tous les jours

Qu’était un escadron de cavalerie?

La cavalerie était une troupe dont l’unité s’appelait escadron et correspondait à une compagnie ou une batterie dans les autres troupes.

Un escadron comprenait en 1972:

6 officiers, 26 sous-officiers, 128 dragons armés de fusils d’assaut/pistolet, 153 chevaux de selle, 11 chevaux de bât, 4 mitrailleuses 51, 6 tubes roquettes.

A la fin de l’école de recrue, chaque dragon misait un cheval de la Confédération appelé un « Fédéral », qu’il entretenait, soignait et entraînait afin d’être prêt à tout engagement militaire. Et le prix? Le dragon déboursait la moitié de l’estimation du cheval, soit entre 1200.- et 1400.- fr.

Et ces chevaux d’où provenaient-ils?

L’armée achetait en France, en Pologne, en Irlande, en Suède, en Allemagne. Les chevaux (juments et hongres) arrivaient en général à l’âge de 3 ans au Sand (près de Schönbühl), le centre d’acclimatation. Puis au DFCA (Dépôt fédéral des chevaux de l’armée), des écuyers s’occupaient du débourrage à la selle et aussi à l’attelage.

Ces remontes portaient toutes un nom que le DFCA leur avait attribué. Il y eut: Weborada, Omo, Bagno, Ofonis, Foglio, Paniera, Byron, Raker, Suzette, Cuvier, Oskios, Forno, Volgo, Furatrice, Valmiki, Pépita, Oslika, Octavius, Wobor et encore tant d’autres.

La première lettre de leur nom indiquait le pays d’origine:

O, R et S signifiait la Pologne, B et C = Allemagne, F et G = Irlande, V P Z = France, W = Suède.

Le marquage – la croix suisse et l’année de son incorporation dans l’armée – se faisait au fer sur l’encolure du cheval.

Comme son propriétaire, le « Fédéral » possédait un livret de service.

Le cheval de dragon était un compagnon de tous les jours. Le « Fédéral » faisait partie de la famille. Il participait aux travaux des champs, aux festivités, aux exercices d’une société de cavalerie, à des concours de saut, de dressage ou des courses et aussi à promener son propriétaire. (Source: « Le Fédéral », et M. Blanchard)

L’apéro du dimanche avec les copains en tenue civile
(Source: dragons à vos chevaux)
En concours, Bagno sous la selle du margis Graber, Sornetan, à Engollon
(Source: coll. privée)
Des Jurassiens, des Neuchâtelois, ceux du six
On partage le même wagon (Photo: dragons à vos chevaux)
Les parements de la cavalerie
En route pour le cours de répétition, paquetage complet (Coll. privée)

Paquetage complet, à cheval jusqu’à la prochaine gare de chargement, pour rejoindre les camarades du six, des Jurassiens et des Neuchâtelois, qui tous voyageront avec leur monture dans le même wagon.

De 1883 à 1915

Pendant cette période , la tunique de la troupe est de couleur vert foncé, et celle des officiers, gris-vert. (Le Fédéral)

Dragon Victor Allemann, Bassecourt, né en 1877
la photo date de 1897
(coll. J. Schlüechter-Allemann Bassecourt)
Cavalerie fédérale, 1883-1915
Aquarelles de Wilhelm Stückelberger de Bâle, déposées à la Bibliothèque militaire fédérale de Berne

Contrairement à la coupe d’uniforme de 1861, inspirée de la tenue française, on opte pour le modèle prussien en 1883, tunique et culotte serrées.

Entre 1865 et 1890, toutes les remontes venaient d’Allemagne pour la cavalerie suisse. Des cavaliers allemands arrivaient comme écuyers et parfois aussi comme maîtres d’équitation. (Source: Beat Huber, président de l’escadron suisse de cavalerie 1972).

Des écuyers et des meneurs du DFCA se sont distingués dans diverses disciplines équestres entre autres:

Aux Jeux olympiques de Tokyo en 1964, Henri Chammartin avec Wörmann, dressage individuel, médaille d’Or

Henri Chammartin
en selle sur Wolfdietrich (photo le Fédéral)

Championnats du monde, en 1972, à Münster (Allemagne), attelage à 4, or individuel, Auguste Dubey. Argent par équipe avec Hermann Mast

Auguste Dubey décroche l’or à Münster (coll.privée)

Championnat d’Europe, 1973, à Windsor (Grande-Bretagne) attelage à 4, or individuel

Jeux olympiques de Montréal en 1976, Ulrich Lehmann avec Widin, argent, dressage par équipe

Le prince Philippe félicite Ueli Lehmann et son équipe,
médaille d’argent (coll. privée)
Caserne d’Aarau
L’avant-dernière école de recrue (photo Le Fédéral)

Tout a une fin, même la cavalerie… (photo: le Fédéral)
1973, dernier défilé à Avenches, avant de mettre définitivement pied à terre
(photo le Fédéral)
Cloches de mon pays
interprété par Jacky Thomet et son orchestre

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