Pour que le passé ne s’oublie pas…

Quoi de neuf il y a plus de cent ans…

… la réponse est parfois dans le tiroir (photo Mbl)

Tout là-bas en Normandie

plus précisément à Rouen, à quelque six cents kilomètres de l’Ajoie, François Calame – petit-fils de Jules-Edouard Calame – raconte:

Souvenirs de mes grands-parents durant la mob de 1914-1918

Sapeur Jules-Edouard en Ajoie

1891-1961 (coll. F. Calame)
Un livret de service (coll. F. Calame)
et des pages bien remplies (coll. F. Calame)
La coiffure avec les haches est le “képi à pompon” porté pendant toute la mob jusqu’à l’arrivée du casque d’acier en 1918 (source: coll. F. Calame)
signé Jules Calame

Originaire du Locle, domicilié à La Chaux-de-Fonds, Jules termine ses études en 1914, en tant qu’ingénieur EPFZ (Ecole polytechnique fédérale de Zurich). Il accomplit son service militaire dans le Génie. Sans être antimilitariste, il ne souhaite pas grader. Il est mobilisé dans la IIe Division, comme sapeur à la Cp 1/2.

Le 4 août 1914, à Bienne il reçoit le fusil court 1911, et son séjour au Jura durera jusqu’en janvier 1915.

Le 15 mai 1915

Hélène Hotz (coll. F.Calame)

Jules-Edouard épouse Hélène Hotz, sa voisine d’enfance à La Chaux-de-Fonds, née la même année.

Des souvenirs de séjours gravés sur le couvercle de sa gamelle

Ses lieux de passage, indélébiles (photo coll. François Calame)

Jules a gravé :1914: occupation des frontières; Jura: 4 août – janvier 1915; Münchenstein, 2 mars – 30 août 1915; 1915: Ticino: Cima Medeglia, 28 mai – 2 juillet; La Caquerelle – 1916 – biribi – 22 février – 16 mai -Les Tronchats – Richterswil; 4 août – 4 sept; 1917: Bienne Péry – Bonfol – Largin – Glovelier; Bienne – Movelier – Riederwald – Scheltenpass – Mervelier – Mümliswil.

En 1916, Jules est de retour en Ajoie, mais de gros soucis surviennent. Son épouse – rescapée d’une grave péritonite en 1909 – est enceinte, surgissent de graves problèmes de santé. En pleine guerre et des conditions médicales incertaines, Jules, décide de déserter pour aller retrouver son épouse, qui heureusement s’en remettra.

De retour dans sa compagnie le sapeur Jules Calame évitera de peu une punition exemplaire, mais passera tout de même quelques jours au cachot, entre le 22 février et le 16 mai 1916 – illustré sur sa gamelle: biribi.

L’internement a lieu à la Caquerelle

Peut-être à la Maison du Soldat, à un jet de pierre du Col des Rangiers (photo: 13 avril 1916, coll. F.Calame)

Du Largin au point 510

pour participer à des constructions militaires. Jules garde de cette confrontation à la jonction des deux armées adverses ces souvenirs étonnants (photos et source F. Calame)

Un chargeur allemand à 5 cartouches du Mauser 98, échangé contre des œufs

un chargeur français à 3 cartouches pour le Lebel Berthier, échangé contre du chocolat

Les deux échanges ont été effectués le même jour – soit le 31 mars 1917 – au Largin, à quelque cent mètres de distance (source. F. Calame)

Poste d’observation sur les hauteurs de Roche d’Or en 1917, quatre Tavannois du Bat. fus. 21 (photo coll. F.Calame)

Jules et son épouse en 1921. Que d’événements modestes mais aussi très poignants (source F. Calame)

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