L’entre-deux-guerres et puis 1939-1945, Gilberte qu’est-elle devenue?

Dans l’entre-deux-guerres, d’anciens mobilisés reviendront en pèlerinage à Courgenay, mais Gilberte n’y est plus.

En 1924, Gilberte Schneider établie à Zurich donne naissance à une petite Jeanne.

En 1934, Gilberte brave maman au foyer (source: l’Illustré du 2.8.1934 à l’occasion du 20e anniversaire de la mobilisation, MHDP)

Des verres personnalisés

(Source: collection André Christe, Courgenay)
Au café on y buvait une bière, une limonade (Collection André Christe, Courgenay)

Au café, il y avait un comptoir renfermant des pains de glace et des boissons. Sur le comptoir, la caisse enregistreuse, au mur une armoire avec ses tablettes de chocolat et ses paquets de tabac et cigarettes.

D’autres propriétaires

Gustave Montavon qui avait acquis l’Hôtel de la Gare en 1906, s’en sépare en 1930. Deux propriétaires se succèdent, et c’est Emile Dobler, en 1941 qui en devient acquéreur, de 1978-1997, l’hôtel est tenu par les filles Marguerite Gigon-Dobler et Marcelle Dobler.

Du temps d’Emile Dobler (source: collection André Christe, Courgenay)

La maison familiale construite en 1924

Dans le verger, deuxième personne à gauche, Lucine Montavon (source Eliane Chytil, MHDP)

est désormais le lieu de rendez-vous de la famille Montavon. Gilberte Zuber – une petite cousine de Gilberte racontait – l’Hôtel de la gare c’était du passé, on se retrouvait chez Gustave et Lucine ou au “garage”, à Porrentruy, chez Gustave junior.

Mars 1934

L’ Allemagne est raciste, athée et propose un système nationaliste violent, tandis que la Suisse est très attachée aux valeurs religieuses. On censure la presse afin de ne pas avoir de problèmes avec Hitler.

La nécessité d’une cohésion nationale et un esprit patriotique s’imposent et obligent à fédérer les Suisses autour d’images rassembleuses.

Armée et foyer

En novembre 1939, le groupe “armée” de Pro Helvetia est transformé sur ordre du général Guisan en une section nommée “Armée et Foyer”, en allemand “Heer und Haus” qui a pour but d’éduquer, de divertir et de soutenir les soldats. Gilberte qui en est l’inspiratrice y participe activement. En 1941, on réorganise cette section en une campagne d’information à l’intention de la population intitulée “Défense spirituelle”. (Source: DHS)

On réactive les mythes suisses et avec la Seconde Guerre mondiale, Gilberte Schneider-Montavon accède au rang de personnage historique.

Un roman en 1939

En 1939, Rudolf Bolo Maeglin, écrivain lui consacre un roman, “Grenzbesetzung 1914-1918” (occupation des frontières 1914-1918) qui connaît un beau succès et par la même occasion Maeglin l’adapte au théâtre. La pièce sera jouée à Zurich, à Bâle, à Saint-Gall…

Lettre inédite

Gilberte Schneider-Montavon émue à l’issue de la première de “Gilberte de Courgenay”. C’était en août 1939

(Source: archives André Christe Courgenay)

A Saint-Imier le 11 octobre 1958

(Source: Musée Chappuis-Fähndrich, Develier)

A Courgenay, le samedi 16 septembre 1989

pour la commémoration des 50 ans de la mobilisation

(Source: archives André Christe, Courgenay)

A Lyss, les 3, 4 et 5 juillet 2011

et repris les 24, 26, 30 novembre et 3 décembre de la même année.

(Source: MBl)

Toutes les représentations se jouent à guichets fermés

et grand succès aussi à Courgenay, bien que parlé en dialecte suisse-allemand, mais vu par Eliane Chytil-Montavon (le nièce de Gilberte)

tout s’explique…. (Source: archives André Christe, Courgenay)

En février 1941

on lui consacre un film (Source: Keystone photos archives)
Anne-Marie Blanc dans le film quelque peu romancé

on lance le tournage et c’est Anne-Marie Blanc, romande habitant Zurich, qui interprète le rôle de Gilberte.

A Courgenay, des figurants du bataillon fr. fus. 231, entourant Anne-Marie Blanc, lors du tournage. Devant la petite fenêtre on aperçoit Henri Loichat (photos collection Jean-Marie Loichat, Boncourt)
Sur la Croix – à droite – Henri Loichat, qui a joué dans le film (photos: collection Jean-Marie Loichat, Boncourt)
Henri Loichat (à dr.) avec des camarades au Buffet de la gare de Saint-Ursanne en compagnie de la “Madeleine”, sommelière (photos: Jean-Marie Loichat, Boncourt)

C’est ainsi que Gilberte n’appartient plus seulement aux soldats, mais à la Suisse toute entière, mais son souvenir s’estompe quelque peu suite à la Question jurassienne.

De temps en temps la Télévision suisse allemande rediffuse le film.

Une nièce de Gilberte aux multiples dons

Eliane Chytil, des dons pour le cabaret, le théâtre, l’écriture

Du côté de Courgenay, Eliane Chytil – par son charisme et sa maîtrise du dialecte – a permis à d’innombrables groupes, surtout alémaniques, de revivre l’époque de sa tante Gilberte.

Puis vient le temps des commémorations: à Bonfol, au Largin, à Pfetterhouse, à Courgenay, qui semble faire renaître un certain patriotisme.

Eliane décède en 2014, mais son vœu a été exaucé: elle souhaitait une fresque de sa tante Gilberte sur la maison familiale. Une réalisation grâce à la persévérance de l’actuel propriétaire.

Une inauguration théâtralisée en 2017

Le coup de pinceau du Pitch (photo MBl)
Delphine André “La petite Gilberte” de 2017 lors de l’inauguration (photo J.-M. Maître)

26 août 2017

Dixit:

RFJ Jérémy Pignard: “100 ans après, la petite Gilberte n’a pas pris une ride”

Valérie Montavon, petite-nièce de Gilberte, “Gilberte avait des qualités humaines. Cela fait chaud au cœur, elle est restée dans la mémoire et le cœur des gens”

Marie-Claire, une habitante de Courgenay: “une belle entrée de village, une belle effigie en mémoire de Gilberte”

Martial Courtet, Ministre de la culture et des sports: “la fresque c’est plus qu’un dessin, au niveau touristique c’est un attachement à cette petite Gilberte”.

Il y a plus de 120 ans

le 20 mars 1896, à Fontaine-Allée, le printemps…

“Ci Gustave Montavon” è dit: encoué ènne baîchenatte, èl aivait dje lai Fernande et pe lai Camille. “Le Gustave Montavon”: encore une fille, il y avait déjà la Fernande et la Camille.

Les Montavon venait d’accueillir un “rayon de Soleil” à Fontaine-Allée

Et en 1914, y avait aussi d’l’Ajoie chez les soldats

Charles Trenet Y’a d’la joie (source Commons Wikipedia)

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